Une récente étude publiée dans la revue Nature Climate Change, fait actuellement beaucoup parler d’elle puisqu’elle fait état des 467 risques différents imputables au réchauffement climatique qui menacent notre planète. Les égyptiens et leurs 10 plaies peuvent aller se rhabiller…

Le décompte de ces 467 épées de Damocles a été obtenu en combinant catastrophes naturelles, facteurs sanitaires, sécurité alimentaire, mais aussi  les dangers liés à nos infrastructures. Les 23 chercheurs (dont certains appartiennent au GIEC) se sont appuyés sur quelques 3 000 exemples déjà documentés par la littérature scientifique, tous listés sur une page web, qu’ils ont passé au crible à l’aide de techniques de data mining (extraction de données). Ils revendiquent une approche systémique puisque selon eux « Notre santé dépend de facteurs multiples : accès à un air non pollué, à une nourriture saine, à un logement décent […] Sans approche systémique, nous ne pourrons jamais prendre la mesure du risque. Par exemple, si l’on ne prend en compte que les menaces directes, comme les vagues de chaleur ou les orages violents, nous serons inévitablement pris par surprise par d’autres menaces, qui combinées, peuvent avoir un impact social accru ».

Quelques exemples : les feux de forêt (comme on l’a vu récemment en Californie), en dégradant la qualité de l’air, mettent en danger le système de soin en provoquant un afflux massif d’admission aux urgences. Les vagues de chaleur dégradent également le rendement des céréales, d’où des tensions possibles sur la sécurité alimentaire et des risques de conflits sociaux. En découle une forme de double, voire multiple peine en cas de catastrophe climatique. « Le problème des émissions de gaz à effet de serre, c’est qu’elles intensifient simultanément plusieurs aléas qui se sont déjà révélés dévastateurs par le passé », rappelle Camilo Mora, professeur associé de géographie à l’université d’Hawaï et auteur principal de cette étude. « D’autant plus que les désastres – et leurs effets – peuvent se cumuler : en 2017, la Floride a connu une sécheresse extrême, plus de 100 feux de forêt, ainsi que l’ouragan Michael ».

Cette belle carte interactive (que vous pouvez retrouver ici) a été développée pour faire prendre conscience de ce défi très réel. On peut y simuler le nombre de menaces climatiques (sur les 467 identifiées) qui pèseront sur un territoire donné entre aujourd’hui et 2100, le tout en pouvant ajuster les hypothèses de réchauffement, du plus optimiste au plus pessimiste. « La preuve des effets du réchauffement climatique est déjà là« , estime dans un communiqué Daniele Spirandelli, également co-auteur. « La question est de savoir de combien de cris d’alerte allons nous avoir besoin avant de nous réveiller » ?

Le chemin est malheureusement encore long lorsqu’on lit les messages pour le moins climato-sceptiques de Donald Trump :

Traduction: « Une vague de froid violente et étendue devrait battre TOUS LES RECORDS: qu’est-il donc arrivé au réchauffement climatique? ».

 

Cet excellent argument, témoin d’un certain égocentrisme et d’une culture scientifique inexistante, est bien illustré par cette image :

 

Le directeur de l’Académie des Sciences de Californie, Jon Foley, avait un jour tenté de lui faire comprendre la problématique :

Traduction: « Le changement climatique est très réel même s’il fait froid à l’extérieur de la Trump Tower en ce moment. De la même façon, il y a toujours de la faim dans le monde, même si vous venez de manger un Big Mac ».

 

Source : https://www.presse-citron.net, https://maps.esri.com, https://www.sciencesetavenir.fr, https://twitter.com,

Guillaume Sciaux – Cartographe indépendant

Publié par Guillaume Sciaux

Cartographe géomaticien professionnel et indépendant. Né géographe et stéphanois. Voir plus d’articles

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