Une carte des atolls religieux de Londres dans un océan chrétien

Les religions sont universelles et transcendantes, mais elles sont aussi locales et personnelles. Cette belle carte de Londres nous montre où vivent les croyants de chaque religion dans la capitale anglaise. Continuer la lecture « Une carte des atolls religieux de Londres dans un océan chrétien »

#MeToo : une carte interactive ou l’Inde brille de mille feux

Bien que le terme #MeToo ait été inventé par la militante Tarana Burke en 2006, le mouvement n’a réellement prit de l’ampleur qu’à la suite du scandale Harvey Weinstein en 2017, après la publication par le New York Times et le New Yorker de leur enquête sur le comportement prédateur du roi d’Hollywood. Durant des décennies Weinstein a en effet usé de son influence pour harceler et assaillir sexuellement des dizaines de femmes.

Le mouvement #MeToo (#Balancetonporc en français) continue aujourd’hui d’aider à détruire des millénaires de patriarcat et d’abus masculins en brisant le silence institutionnalisé des victimes. De nombreuses initiatives individuelles ou d’organisations du monde entier le démontrent tous les jours. Cette superbe carte interactive de Google, qui illumine la propagation et la portée du mouvement dans le monde en est un bel exemple. « #MeToo Rising: une visualisation du mouvement issu de Google Trends » offre une vision sur un globe 3D de la manière dont cette campagne contre les agressions sexuelles a pris une ampleur planétaire. Les données de Google Trends ont ainsi été utilisées pour créer cette cartographie de l’intérêt de la recherche Google pour «#MeToo» au fil du temps. Ces données représentent les tendances globales des recherches quotidiennes d’informations sur le mouvement depuis 1 an.

Cette semaine l’Inde est particulièrement mise à l’honneur (ou pas) et flamboie dans une sorte de Deepavali* de l’émancipation féminine. Les 5 villes qui concentraient le plus de recherches sur le mouvement se trouvaient en effet toutes en Inde (Selakui, Udupi, Hosapete, Bagalkot et Pilani). Cette forte croissance des recherche #MeToo dans le pays fait suite à la récente vague d’accusations de personnalités publiques après les révélations de l’actrice Tanushree Dutta. Cette étincelle reflète une prise de conscience forte dans un pays ou la condition des femmes reste considérée comme une des plus difficiles du monde. Depuis les milliers de « dowry deaths » (femmes tuées car leur dot est insuffisante pour un mariage) jusqu’aux infanticides de filles en passant par le mariage des fillettes, la condition des femmes y reste fortement marquée par une discrimination de genre enracinée dans des traditions moyenâgeuses. Le rapport de 2007 du forum économique mondial indiquant l’écart entre les sexes place l’Inde à la 114e place sur 128 pays étudiés (la Suède étant en première position et le Yémen en dernière position). Selon une enquête de Thomson Reuters, l’Inde serait actuellement le « pays le plus dangereux » au monde pour les femmes.

Aujourd’hui, le mouvement #MeToo prend une ampleur planétaire, des questions sont posées et des réponses attendues. L’affaire Weinstein a déclenché un effet domino de révélation. Bien que la sensibilisation mondiale aux agressions sexuelles et au harcèlement soit une première étape cruciale pour les victimes silencieuses des prédateurs sexuels, elle ne peut résoudre à elle seule le problème. Pour en savoir plus sur comment agir ou obtenir de l’aide vous pouvez contacter les organismes suivants :

Au niveau français :

Au niveau international :

Vous trouverez de nombreuses autres ressources sur la page MetooRising : https://metoorising.withgoogle.com/resources

 

* : fête tamoule de la lumière qui aura lieu le 7 novembre cette année.

 

Source: https://fr.wikipedia.org, https://www.truthdig.com, https://beebom.com, https://www.news18.com

Guillaume Sciaux – Cartographe indépendant

John Snow, le choléra et la carte qui révolutionna la médecine

Un peu moins connu que son illustre homonyme pourfendeur de marcheurs blancs, John Snow était un médecin anglais du 19ème siècle. Il fit faire un pas de géant à la médecine de l’époque en remettant en cause les théories des humeurs et des miasmes alors très en vogue à l’époque. Continuer la lecture « John Snow, le choléra et la carte qui révolutionna la médecine »

Le plus court chemin entre tous les pubs du Royaume-Uni

Pour faire suite à l’article de la semaine dernière qui vous permettait de connaître le prix moyen de la pinte de bière par pays, voici l’itinéraire le plus court pour visiter tous les pubs du Royaume-Uni ! Continuer la lecture « Le plus court chemin entre tous les pubs du Royaume-Uni »

Une cartographie du prix de la bière dans le monde

Que vous buviez une pinte de Kro dans un bar stéphanois ou tout simplement une Flying Monkeys aux foufounes électriques de Montréal, plusieurs facteurs peuvent influencer le coût de votre bibine. Continuer la lecture « Une cartographie du prix de la bière dans le monde »

Google Map et la Terre plate c’est fini !

Les afficionados de la théorie de la terre plate (oui ils existent et sont même de plus en plus nombreux) vont être déçus : Google Maps passe au globe 3D sur ordinateur. Continuer la lecture « Google Map et la Terre plate c’est fini ! »

Une carte de la prohibition qui célèbre l’alcool

Tout au long du 19ème siècle, et comme je vous en parlais la semaine dernière avec la carte de la tempérance, la cartographie fut souvent utilisée pour faire l’apanage de la sobriété. Mais voici un bon contre-exemple: une carte qui célèbre l’alcool, sous diverses formes et qui fut publiée deux ans avant la fin de la Prohibition.

Le mouvement Tempérance, qui cherchait depuis le début des années 1800 à réduire la consommation d’alcool aux Etats-Unis, avait une curieuse affinité pour la cartographie. Il est en effet à l’origine de nombreuses « cartes de tempérance» qui utilisaient des topographies fictives pour mettre en garde contre la dangerosité de la boisson et promouvoir les avantages de la sobriété.

Pourquoi des cartes me direz-vous ? Peut-être parce qu’elles représentaient l’allégorie parfaite pour un pays en pleine expansion territoriale. Devenir (et rester) abstème représente un long et périlleux voyage, nécessitant d’aborder des territoires dangereux : méfiez-vous du Cap du Désespoir (Cape Despair), de la Baie des Pauvres (Paupers Bay) et de l’Ile du Vin (Wine Island). Mais au bout du chemin, la destination, une version soda-pop de la Terre Promise, en vaut la peine, avec des lieux idylliques tels que le Golfe de la Réforme (Gulf of Reform), le Royaume de la Repentance (Repentance Kingdom) et la Province de la Contemplation (Contentment Province) !

Le périple inverse est terrible et dangereux. Il est représenté par le chemin de fer de la vallée noire (Black Valley Railroad) où l’illustration montre un train tiré par un moteur étiqueté «Distillerie», qui dessert les arrêts du « Virage des Ivrognes » (Drunkards Curve), « Bourg-Mendiants » (Beggarstown), « Parieurs-ville » (Gamblersville), « Fort-voleurs » (Robbers Den), Prisonton, Demonland, Maniacville et enfin, son terminus, Destruction…

Cette carte originale est en quelque sorte une carte « anti-tempérence » qui suit le modèle de son contraire : cette carte représente une île en forme de crâne dénommée l’Etat d’Ébriété (State of Inebriation). Cette île particulière, truffée de tropes et de termes géographiques détournés fait la part belle aux jeux de mots et doubles sens exhalant le doux parfum de la boisson !

Cette oasis est ainsi bordée par le Détroit de Whiskey, le courant de la gorgée (Gulp Stream !), la ligne de Rhum (Rum Row). Au large de l’île, vous trouverez un bar de sable (sand bar), plusieurs récifs de Whis (Whis-Keys), etc. L’île elle-même est parsemée de toutes sortes d’objets que l’on retrouve de manière classique sur toutes les cartographies : bâtiments, routes, lacs, montagnes. Chacun d’eux est tiré du champ lexical de la consommation d’alcool.

La date de la carte est intéressante : elle a été créée par l’architecte Houston HJ (‘Heinie’) Lawrence en 1931, deux ans avant la fin de la Prohibition. Pendant cette période (1920-1933), la production, l’importation, le transport et la vente de boissons alcoolisées étaient interdits dans tout le pays.

La prohibition représentait le parachèvement de la Tempérance. Elle a significativement réduit la consommation d’alcool (1) dans le pays mais ne l’a pas éliminée. Elle a même créé une énorme opportunité commerciale pour la mafia, ce qui a conduit à une augmentation significative des niveaux de criminalité (2). Finalement, le coût social de la Prohibition a été ressenti comme étant largement supérieur aux avantages et la fin de cette interdiction était largement attendu (ou au moins espérée). C’est pourquoi le 18ème amendement (qui a institué l’interdiction de l’alcool) est montré ici comme sombrant dans l’oubli, avec Volstead (le membre du Congrès qui a promulgué l’amendement) s’accrochant à un de ses mâts.

Voici la plupart des cocktails, des marques, des termes d’argot et des chansons à boire mentionnés sur la carte. Les autres sont trop évidents ou indétectables. Je vous conseille, pour bien apprécier ce qui suit, de vous préparer un petit cocktail de l’époque que vous pourrez siroter tout en parcourant cette carte enivrante.

Cocktails

Angel’s Kiss

  • 1 ½ once de crème de cacao
  • 1 ½ once de crème épaisse
  • 1 ½ once d’eau-de-vie

Verser la crème de cacao dans un verre de 5 onces (1 once équivalant à 29,573 ml). En utilisant le côté convexe d’une cuillère à bar, verser lentement la crème sur la crème de cacao, en veillant à ne pas les mélanger, pour créer un effet en couches. En utilisant la même technique, ajouter une couche de brandy sur la crème.

Blue Moon

  • 1 tasse de glace pilée
  • ¼ tasse de vodka
  • ¼ tasse de curaçao bleu
  • ¼ tasse de crème à fouetter
  • 2 cuillères à soupe de sirop de vanille
  • 2 cuillères à soupe de jus d’orange frais
  • 1 cuillère à soupe de cointreau

Mélanger tous les ingrédients jusqu’à obtenir une consistance lisse. Verser dans des verres à martini garnis d’une tranche d’orange.

Bronx Express

  • 2 cl de gin
  • 2 cl de vermouth rouge
  • 2 cl de jus d’orange
  • 1 dose de ricard

Secouer et servir dans un verre à cocktail.

Crest o’ the Wave

  • 1 dose de gin
  • ½ dose de vermouth italien
  • 1 trait d’Angostura bitter
  • Quelques gouttes de crème de menthe

Ajouter une cerise à la menthe poivrée dans chaque verre.

Eye-Opener

  • 1 ½ once de rhum brun
  • ½ cuillère à café de curaçao orange
  • ½ cuillère à café de liqueur d’abricot
  • 1 cuillère à café de grenadine
  • 1 jaune d’oeuf

Agiter vigoureusement les ingrédients avec de la glace concassée, puis verser dans un verre refroidi.

Green Briar

  • 1 trait de bitter pêche
  • 1/3 once vermouth français
  • 2/3 de sherry
  • 1 brin de menthe fraîche.

Bien remuer et verser dans un verre à cocktail. Garnir avec une pointe de menthe.

Half & Half

  • 1 trait de campari
  • 1 dose de jus de pamplemousse
  • 1 dose de vermouth italien

Remplir un verre à mélange avec des glaçons. Ajouter tous les ingrédients. Remuer et verser dans un verre à cocktail refroidi.

Honolulu Lulu

  • 1 once de gin
  • 1 once de Bénédictine
  • 1 once de liqueur de marasquin

Remplir un verre à moitié avec de la glace. Verser les trois ingrédients dans le verre et mélanger avec la glace. Verser dans un verre à cocktail refroidi.

Horse’s Neck

  • 4 onces de ginger ale
  • 1 1/3 once d’eau-de-vie
  • 1/8 d’once d’Angostura amère (facultatif)

Verser le brandy et le soda au gingembre directement dans un verre highball avec des glaçons. Remuer doucement. Garnir de zeste de citron. Si désiré, ajouter des traits d’Angostura Bitter.

Lindbergh Cocktail

  • 2 traits de jus d’orange
  • ½ dose de kina lillet
  • ½ dose de gin sec (gin anglais ou londonien)
  • 2 traits de brandy d’abricot

Remuer dans la glace et presser le zeste de citron sur le dessus.

Old Hen

  • 2 oz ojen
  • 1 trait de bitter Peychaud
  • 1 cuillère à café de sucre
  • ½ once d’eau

Mélanger tous les ingrédients dans un shaker avec de la glace, bien agiter et verser dans un verre à cocktail.

Paul Jones

  • Concombre
  • Sirop de menthe
  • Pimm’s
  • Grand marnier
  • Maker’s 46

Servi et garnir de concombre.

Pink Lady

  • 1 ½ once de gin
  • 4 traits de grenadine
  • 1 blanc d’oeuf

Bien secouer les ingrédients avec de la glace et verser dans un verre à cocktail. Garnir avec une cerise.

Planteur

  • 4,5 cl de rhum brun
  • 3,5 cl de jus d’orange frais
  • 3,5 cl de jus d’ananas frais
  • 2 cl de jus de citron frais
  • 1 cl de grenadine
  • 1 cl de sirop de sucre
  • 3 à 4 traits d’Angostura

Verser tous les ingrédients sauf l’amer dans un shaker rempli de glace et bien agiter. Verser dans un grand verre rempli de glace. Ajouter l’amer sur le dessus. Garnir de cerise à cocktail et d’ananas.

Silver Cloud

  • 1 once d’amaretto
  • 1 once de kahlua
  • 4 onces de lait
  • Crème fouettée

Mettre des glaçons dans un verre et verser l’amaretto, le kahlua et le lait, et remuer. Garnir de crème fouettée.

Stone Wall

  • 1 morceau de gingembre frais (1 pouce), pelé et émincé
  • 1 ½ cuillères à café de sirop
  • 1 ½ once de rhum vieilli
  • 1 ½ oz de cidre de pomme
  • 1 ½ oz de bière au gingembre réfrigérée
  • 1 quartier de citron
  • 1 tranche de pomme
  • De la glace

Dans un shaker, mélanger le gingembre avec le sirop simple. Ajouter le rhum et le cidre; Remplir le shaker avec de la glace et bien agiter. Passer dans un verre rempli de glace et ajouter la bière au gingembre. Garnir avec le quartier de citron et la tranche de pomme.

Tail Spin

  • De la glace
  • ¾ d’once de gin
  • ¾ d’once de vermouth doux
  • ¾ d’once de chartreuse verte
  • ½ cuillère à café de campari
  • Une tranche de zeste de citron, pour garnir
  • Des cerises confites ou au marasquin, pour garnir

Remplir un shaker à moitié avec de la glace. Ajouter le gin, le vermouth, la chartreuse verte et le campari. Remuer, puis filtrer dans un verre refroidi. Tordre la peau de citron sur la boisson pour libérer son essence, puis l’ajouter avec la cerise.

Tom et Jerry (5)

  • Des œufs
  • Du sucre en poudre
  • Du brandy, rhum

Séparer les œufs, battre les blancs jusqu’à ce qu’ils soient fermes. Mélanger les jaunes avec le sucre en poudre, mettre une cuillère de mélange de jaune dans la tasse, mélanger avec le brandy et le rhum. Incorporer un peu de blanc d’œuf puis ajouter le lait chaud et couvrir du reste de blanc. Remuer délicatement pour incorporer le blanc. Garnir de muscade.

White Mule
Base de thé :

  • 1 cuillère à café de feuilles de thé blanc
  • ½ cuillère à café de citronnelle hachée
  • ½ cuillère à café de pêche séchée

Cocktail :

  • 1 oz de vodka
  • Base de thé infusée de 3 ½ onces
  • ¾ de  cuillère à soupe de nectar d’agave
  • 3 onces de bière au gingembre

Placer 5 onces d’eau à température ambiante dans une tasse. Dans le réceptacle à thé, mélanger tous les ingrédients pour la base de thé. Infuser dans l’eau à température ambiante pendant 10 minutes, en agitant de temps en temps. Retirer le sachet.
Dans un shaker, mélanger 3 1/2 onces de la base de thé, de la vodka et du nectar d’agave. Secouer jusqu’à ce que l’agave se dissout. Verser dans un verre, sur la glace, et remuer doucement pour refroidir. Garnir de bière au gingembre et remuer doucement. Garnir avec une tranche de gingembre frais.

Marques :

Black & White
Whisky écossais (blended), à l’origine dénommé « House of Commons », mais rebaptisé d’après les couleurs de son étiquette. James Bond le boit dans le roman Moonraker, et dans le film Dr No.

Black Gold
Bourbon du Kentucky (straight). N’est plus produit.

Echo Spring
Un autre bourbon (straight) du Kentucky, créé par la distillerie Murphy-Barber à Clermont qui a ouvert ses portes en 1881.

Green River
Distillé à Owensborough (Kentucky) dès 1889. Commercialisé comme le « whisky sans mal de tête». La production a été fermée en 1987.

Green Stripe

Whisky écossais (blended), produit par Usher. N’est plus produit.

Indian Hill

Une marque de whisky de bourbon distillée au Canada. N’est plus produit.

Okolehau
À l’origine, une boisson fermentée hawaïenne, transformée en un spiritueux avec l’introduction des techniques de distillation par les marins anglais dans les années 1790.

Old Crow
Un bourbon (straight) du Kentucky, distillé dans les années 1830 à Frankfort par l’immigrant écossais James C. Crow. Le Old Crow jouissait d’une grande popularité au 19e et au début du 20e siècle. Il était connu comme étant la boisson préférée d’Ulysses S. Grant, Mark Twain et Hunter S. Thompson. Aujourd’hui, c’est une marque à bas prix, équivalant du Jim Beam.

Old Forester
Un bourbon (straight) du Kentucky qui a la particularité d’être la marque la plus ancienne sur le marché. Elle fut aussi la première à introduire les bouteilles scellées. Pendant la prohibition, il était l’une des 10 marques autorisées à produire, à des fins médicinales.

Three Feathers
Une ancienne marque de whisky (blended), N’est plus produit.

Argot:

The 19th Hole (Le 19ème trou)
Souvent utilisé pour décrire un bar ou un restaurant près d’un terrain de golf (qui a traditionnellement seulement 18 trous).

Blind Pig (Cochon aveugle)
Un établissement de classe inférieure qui a contourné les lois sur l’alcool en demandant aux clients de voir une attraction (par exemple un «cochon aveugle») et en offrant ensuite une boisson gratuite.

Bung (Bonde)
Gros bouchon de fût.

Dead soldiers (Soldats morts)
Bouteilles vides qui traînent.

Mountain Dew (rosée de la montagne)
Un terme pour les spiritueux distillés sans autorisation, souvent dans les régions boisées ou montagneuses, dans tous les cas éloignées des autorités. Officiellement dénommé « whisky clair et non vieilli », il est également connu sous le nom de foudre blanche (white lightning), hooch (gnôle), moonshine (clair de la lune) et choop, parmi d’autres surnoms.

Rum blossoms (Fleurs de rhum )
Élargissement du nez avec dilatation des follicules, rougeurs et vascularisation proéminente de la peau (la fraise quoi). Souvent associé à une consommation excessive d’alcool. Aussi appelé nez de Toper, nez de brandy, nez de Rhum, nez de pomme de terre, nez de marteau, nez de cuivre.

Chansons à boire:

Father, Dear Father
« Oh Father, dear Father, come home with me now / My Mother has sent me to say / That she and her children are starving at home / While you’re drinking your wages away ».

Little Brown Jug
« My wife and I live all alone / In a little log hut, we called our own / She loved gin, and I loved rum / I tell you what we’d lots of fun ». Chanson écrite à l’origine en 1869 et qui est redevenue populaire pendant la Prohibition. Elle est même devenue l’une des chansons les plus connues de l’ère du Big Band suite à l’enregistrement de Glenn Miller en 1939. La mélodie fut ensuite utilisée pour My Ding-a-Ling (Chuck Berry, 1972).

 

(1) La consommation d’alcool est tombée à 30% de son niveau d’avant la prohibition immédiatement après l’introduction de l’interdiction. Au cours des années suivantes, il est passé à environ 60-70%, où il est resté dans la période immédiatement après la fin de la Prohibition. Au cours de la décennie suivante, la consommation a retrouvé son niveau d’avant la prohibition.

(2) Une étude portant sur plus de 30 grandes villes américaines entre 1920 et 1921 fait état d’une augmentation de 9% du nombre de cambriolages, de 12,7% des homicides, de 13% des voies de fait et de 44,6% des toxicomanies.

 

D’après un article du très bon blog « Strange Maps » de Bigthink.

Sources : https://bigthink.com, https://persuasivemaps.library.cornell.edu, https://www.library.cornell.edu, https://vinepair.com

Guillaume Sciaux – Cartographe indépendant

Cruising Alcoholic Seas: une carte de la tempérance

La tempérance n’est pas seulement l’une des quatre vertus cardinales du catholicisme et l’un des cinq préceptes du bouddhisme, c’est aussi le nom d’un mouvement social et politique particulier qui a pris son essor au XIXe siècle, principalement dans les pays anglophones et qui avait pour objectif d’éliminer la consommation d’alcool.

Aux États-Unis, une grande partie du mouvement Tempérance était inspiré religieusement, et une grande partie était dirigée par des femmes (comme l’Union Chrétienne des Femmes pour la Tempérence, fondée en 1873).

La façon la plus évidente de « tempérer » la consommation d’alcool est de ne pas en boire du tout et cela est beaucoup plus simple s’il n’y a pas de tentation. Le mouvement s’est alors inexorablement écarté de la Tempérance pour préconiser l’abstinence et pousser à la prohibition. Cette dernière s’est propagée avec un zèle religieux à la limite du fanatique. En 1851, le Maine devenait le premier État de la Prohibition ; quatre ans plus tard, il y avait déjà 12 États « secs» aux États-Unis. En 1919, le 18e amendement étendait la prohibition à l’ensemble du pays et les fanatiques de la tempérance prédisaient déjà la fin du crime et se préparaient à promouvoir les avantages de la Prohibition dans d’autres pays.

Le résultat escompté ne fut par contre pas au rendez-vous car, loin de réduire le crime, la Prohibition a donné un sérieux coup de pouce au crime organisé. Al Capone en est le rejeton le plus célèbre. La Prohibition devient alors non seulement impopulaire, mais finalement indéfendable, faisant du 18ème Amendement le seul jamais annulé (en 1933, par le 21ème amendement).

Cette « carte de la tempérance » a été imprimée à la Sheet Anchors Press de Howe à Boston vers 1846, date donc de la promotion du mouvement de Tempérance. Elle montre les détroits, les baies et les canaux de l’océan de la vie. Ce territoire de la Tempérance est parsemé d’îles, de provinces, de royaumes imaginaires dont les toponymes désignent des facettes supposées de l’alcoolisme (à l’ouest) et de l’abstinence (à l’est).

Les îles d’Alcool se trouvent dans la partie nord de l’océan et scindent donc la carte entre mauvaises et bonnes valeurs. On y trouve l’île de Brandy, l’île de Rhum, l’île de Cidre, l’île de Vin, l’île de Malt (!), l’île de Gin, l’île de Whiskey et l’île de Cordial. En naviguant dans ces eaux troubles on peut également passer tout près du Banc des Vendeurs de Rhum (Rum Sellers Shoals), du Détroit de la Tentation ou encore du Cap Ale.

Les terres de la boisson sont séparées des îles par les détroits de la dissipation et de folie. On y trouve, du nord au sud: la Terre du Soiffard, la Province de la Maladie, le Fief de l’Indolence, le Territoire de la Pauvreté, le Domaine de la Fureur, l’Empire de la Réprobation, le Royaume de la Malhonnêteté, l’Empire du Crime, la Province de la Folie et les Régions de la Misère. Rien que ça…

Des toponymes spécifiquement associés à ces mauvaises terres jonchent ces patries occidentales du vice. Les Régions de la Misère sont ainsi parsemées d’Infamie, de Ruine, de Malheur et d’Horreur. La Haine, la Malice et la Vengeance sont répertoriées dans le Domaine de la Fureur. La Paresse, l’Indigence et le Port de la Paresse (où chacun d’entre nous jette tout de même l’ancre de temps en temps) se trouvent dans le Fief de l’Indolence.

Sur le versant oriental de cette carte, en direction des glorieuses terres de l’abstinence, on croisera le passage de la Modération et le Détroit de la Tempérance pour attendre les terres « sèches » et morales. S’y côtoient harmonieusement et pacifiquement le Royaume de la Repentance, la Province de la Résolution, le Territoire de la prospérité, l’Empire de la Sagesse, les Régions de l’Amitié, la Province industrielle, le Royaume de la Moralité, les Possessions religieuses, l’Empire du Bonheur et les Provinces du Contentement. Les toponymes locaux sont moins sympas que leur pendant vicieux mais le Cap de l’Abstention et le Canal de la Gentillesse prêteront tout de même à sourire.

L’Île Missionnaire, avec sa Baie de la Persuasion et sa Côte de l’Exhortation trône au milieu de cet Océan de la Vie, tel un refuge pour les âmes pénitentes tentant la traversée vertueuse.

Au pied de cette carte, on trouve une sorte d’itinéraire rédigé en rimes et qui nous commente la route entre les terres « humides » périlleuses et les terres « sèches » bénies. Une explication couronne ce texte quelque peu indigeste :

La vie est un océan, à la fois large et tangible ; L’homme est le vaisseau qui caresse sa surface ; Le bonheur est le port que nous nous efforçons sans cesse de trouver ; La tempérance doit être le pilote, pour naviguer dans l’esprit ; La raison prend alors la barre, libre de tout doute, pour indiquer la voie – comme le ciel l’a souligné.

 

Sur ces bonnes paroles et en ce soir d’été, il est largement temps de prendre l’apéro!

 

D’après un article du très bon blog « Strange Maps » de Bigthink.

Source : https://bigthink.com

Guillaume Sciaux – Cartographe indépendant

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